Education Populaire… droit de réponse

11 novembre 2009

Education Populaire… droit de réponse

1_b_bon_de_colere[1]Un article inhabituel sur mon blog puisque pour une fois je ne parlerai ni de TIC ni de Développement Durable mais… d’Éducation Populaire !

Il y a quelques jours, certaines personnes ont cru honorable de sortir certains de mes propos d’une réunion tenu à 8 personnes sur les perspectives d’avenir et de développement de l’association RATICE Loire, pour en faire une Xème attaque personnelle. Alors si jusqu’à présent je laissais couler en serrant des dents, je m’accorde aujourd’hui un droit de réponse public à ces accusations stériles et sans intérêt mais qui me pourrissent mon existence privée et professionnelle depuis bien trop longtemps.

Message d’origine :

“X” vient de me faire un compte rendu oral du CA de Raticeloire de vendredi. Et bien sûr m’a évoqué les perspectives de ZOOMA COM. Plusieurs points me font vous adresser ce mail. le premier, en qualité de Directeur de structure, je ne peux valider l’évolution du projet avec des financements qui ne paraîssent  plutôt alléatoire ( ceci magré le soutien fioancier du Département ). Le second, l’attitude du chargé de mission mis à disposition par ZOOMA COMM au service de Raticeloire me semble quelque peu dépassé voir outrageant ( si les militants professionnels favorisant l’Education Populaire sont rattachés à de la M….Y compris la Férération des Centres Sociaux, vous permettrez que je m’érige contre cette appréciation. Ce jeune homme connait il vraiment le monde associatif et ses modes de fonctionnement?…) En troisième nous ne validons pas le népotisme et nous ne pourrons accepter de porter, voir de financer (en qualité d’Administrateur de Raticeloire ) ce type de fonctionnement. je souhaite prendre connaissance de vos impressions concernant ces différents points. Avant de voir au niveau Fédéral, je souhaite avoir votre avis.

Bien sur ce mail ne m’était pas adressé directement ni indirectement !

des valeurs partagées… mais difficilement partageables !

Cela fait maintenant un peu plus de cinq ans que je me suis plongé corps et âme dans l’animation de réseaux TIC et surtout… J’œuvre chaque jour et sous différentes formes (réunions, conférences,formations, articles écrits, vidéos, événements, visites…), à faire évoluer LES cultures autour de l’intelligence collective en m’appuyant sur les fondements du “Développement Durable 2.0“.

Dans cette tâche, et vu mon parcours associatif et syndical, j’ai de suite compris et surtout voulu que les valeurs même de l’éducation populaire soient au cœur de ces nouveaux réseaux dits “intelligents”… “organiques”… participatifs via le web social qui explose depuis l’arrivée du web 2 en 2004.

Comment ? Tout simplement en lisant et en m’appropriant le contenu de la charte du CNAJEP dont en voici les premières lignes :

“L’Éducation populaire concourt à la constante transformation de la société en contribuant à construire des alternatives éducatives, économiques, sociales et politiques dans lesquelles les individus soient co-auteurs de leur devenir.

Les valeurs fondamentales qu’elle défend et qui fondent son action sont l’émancipation, la coopération, la solidarité, la justice.

Elle travaille, dans une perspective d’expérimentation et de confrontation des points de vue de chaque citoyen, à la modification des rapports sociaux en intervenant sur les représentations, les croyances et les opinions.

Son objectif est de fonder en actes une participation égale de chacun à une démocratie continuée qui soit le produit d’une vie en société riche et diversifiée.

Pour cela elle oeuvre à l’émancipation civique et intellectuelle des individus et des groupes en prenant le risque de développer, pour chaque question posée à la société, l’ensemble des points de vues possibles.”

(Téléchargez le PDF complet de la Charte du CNAJEP adoptée le 15 décembre 2005)

(Lire la définition sur Wikipédia)

Des actes plus que des mots

Pour ceux et celles qui connaissent mon parcours et l’historique de ZOOMACOM, de RATICE Loire et plus globalement du RDAC… vous comprenez mieux d’où me viennent mes aspirations profonde… et oui, de l’Education Populaire !

C’est pour ces raisons que la notion même d’ “éducation populaire et Technologie de l’Information et des Communications” n’est à mon sens pas un sujet… mais un enjeux et une évidence pour la préservation de nos biens communs !

Les rapports à l’autre : pas de fumée sans feu !

En 5 ans, nous avons rencontrés plus d’une dizaine de fois les directeurs de structures et les représentants de fédérations pour qu’ils se positionnent dans les dispositifs émergeant et qu’ils prennent la place active qui est la leur, mais à chaque fois, cela n’a rien donné ! Pas de réponse, de fausses réponses… des rumeurs !

A chaque fois elles ont la même origine : le retour, décontextualisé*, de propos “critiques ” sur certains “ACTEURS” de l’éducation populaire influençant par leur comportement (ou plutôt leur non-comportement, devrais-je dire), des enjeux “structurants” pour les réseaux que nous co-animons.

*Décontextualisé : Quand on a la lourde tâche d’animer des réseaux, on ne s’accorde effectivement pas les mêmes libertés en fonction de qui est autour de la table et du contexte (réunion de travail à 6 personnes ou comité à 20 personnes, conférence, événement public ou privé…), tout est affaire de “CONFIANCE” !

Les origines : toujours les mêmes !

wanted zoomaUne personne qui ne vient pas très souvent dans les réunions du réseau assiste à des discussions animées et passionnées sur des sujets qui ne lui parlent pas toujours. Cette personne est souvent concernée par le multimédia, mais il ne s’agit pas de son poste principal. Et puis, à un moment donné, cette personne qui a un peu perdu le fil entend le mot magique “éducation populaire” ! Elle commence alors à rentrer dans une écoute plus active vu que le sujet l’intéresse… mais là, elle entend “si on doit attendre que les fédérations de l’éducation populaire nous disent comment il faut faire… il ne se passera rien, car l’éducation populaire c’est des valeurs et des acteurs… pas des dogmes !

Affabulations ! Hérétique ! … Tu as critiqué le Saint Patron, l’inquisition te brûlera !!!

Et là, dans les 48 heures qui suivent… dring dring dring “qu’est ce que tu as encore dit sur l’éducation populaire lors de la réunion des animateurs ???”

Les dégâts

precheurCe scénario m’est arrivé …10… 20 fois depuis 5 ans !
Non seulement cela est très usant individuellement, car c’est une perte de temps et d’énergie énorme (comme si on me reprochait de ne pas aimer le bleu alors que c’est ma couleur préférée…), mais c’est surtout très pénalisant pour développer durablement des logiques d’échanges et de collaboration.

Pour que la collaboration marche et soit efficace, il faut en premier lieu que la confiance soit là… sinon nous pouvons mettre tous les outils et les envies que l’on veut en place, la collaboration ne marchera pas.

Et même si le plus souvent ce type de “mini scandale” s’estompe aussi vite qu’ils sont venus… ils laissent des traces qui deviennent de plus en plus profondes par la répétition de mouvements négatifs… et à force, la corde casse. C’est à dire que les gens jettent l’éponge car ils finissent par penser que l’on ne peut rien changer, non pas à cause, et j’insiste, des “organisations”, mais bel et bien de poignées d’individus qui pense être glorifiés par leurs pères puisqu’ils ont fait la chasse à l’hérétique (qu’ils croient, bien sûr…)

Ma vision des conflits

Alors si c’est ce que veulent certains… qu’ils continuent, je ne peux malheureusement rien y faire à mon niveau ! Mais personnellement je pense que l’essentiel est ailleurs et qu’en cette période de tournant historique jamais connu dans l’histoire qu’est le passage à 9 milliards d’habitants sur une planète qui n’a même pas les ressources pour 6 milliards… les VALEURS de l’éducation populaire doivent aujourd’hui et demain être la nourriture première des choix et des actions que nous mènerons, mais sans aucun doute… en 2.0 !

Contexte, enjeux et questions

  • Une grande partie des EPN se trouvent dans des structures affiliées aux fédérations d’éducation populaire. Étant chargé institutionnellement d’aider et d’accompagner au développement de ces espaces, il m’est très difficile de ne pas parler “éducation populaire” lors de rencontres et autres réunions
  • Comme je l’ai précisé au début, la philosophie “web 2.0″ n’est pas différente des valeurs de l’éducation populaire, leur terreau et leur environnement est seulement différent… faut-il pour autant les déconnecter l’une de l’autre ?
  • Innover c’est en premier lieu pérenniser…  est il donc préférable de recréer l’éducation populaire que nous voulons en 2010 ou de partir des valeurs existantes et les faire vivre en y participant ?

Ma conclusion sur ce droit de réponse

Cet article est avant tout un témoignage pour tous les réseaux qui comme le nôtre avancent pas à pas pour décloisonner les acteurs. Je dirai que la bêtise est humaine et que nous devons malheureusement faire avec. Pour ma part, je ne peux m’empêcher de faire une comparaison avec les habitants des quartiers populaires dits sensibles qui lancent des objets sur les pompiers alors qu’ils sont là pour les aider !!! Rien de logique… que de l’humain !

Je ne suis évidement ni pompier ni héros… mais juste quelqu’un qui défend et porte chaque jour les valeurs de l’éducation populaire, mais qui en a ras le bol de le justifier tous les 4 matins à des personnes qui font le mal d’abord et parlent après.

Alors personnellement je tourne une Xème fois la page avec cet article, et je remercie la personne (qui se reconnaitra) d’avoir lancé cette nouvelle bombe ainsi que les quelques participants qui ont cru bon de se dédouaner en me chargeant… ça aussi c’est humain ?!

Mes réponses… pour aller plus loin que nos divergences !

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Yoann DURIAUX

13 novembre 2009 at 0:17 | Permalien

Gouvernance : La gouvernance est une notion controversée. Le terme de gouvernance est en effet défini et entendu aujourd’hui de manière très diverse et parfois contradictoire. Cependant et malgré la multiplicité des applications du mot, il existe une dynamique commune dans l’usage de ce terme. Chez la plupart de ceux qui, au sein du secteur public comme au sein du secteur privé, emploient le terme de gouvernance, celui-ci désigne avant tout un mouvement de « décentrement » de la prise de décision, avec une multiplication des lieux et des acteurs impliqués dans cette décision. Il renvoie à la mise en place de nouveaux modes de régulation plus souples, fondés sur le partenariat entre différents acteurs.
On distingue deux grands types de gouvernance : la gouvernance d’entreprise pour le secteur privé et la gouvernance politique pour la pensée politique et administrative. En gouvernance politique, on parle de Gouvernance mondiale ou globale, de Gouvernance locale ou Gouvernance régionale en fonction des échelles de gouvernance abordées.
La gouvernance concerne en particulier :
• les sociétés par actions, où les actionnaires ne doivent pas être simplement des pompes à apporter de l’argent.
• les institutions publiques, telles que l’État, l’Union européenne, les collectivités locales, pour le respect des droits des citoyens,
• les organismes sociaux pour le respect des cotisants et bénéficiaires,
• les associations pour le respect des membres.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance

[...] s’expliquer sur ses propos tenus et a publié  un droit de réponse sur son blog   http://www.yoann-duriaux.fr/ [...]

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